Myriam Gourfink @Labodanse : un incubateur de recherche interactive en danse, neuroscience cognitive et nouvelles technologies

Une collaboration innovante entre des chercheurs en neurosciences cognitives, une chorégraphe et des spécialistes IHM (Interaction Homme Machine), pour former une plateforme partagée destinée au développement en ligne de mesures physiologiques et neurophysiologiques des interactions danseur-danseur, danseur-chorégraphe et danseur-spectateur. Cette plateforme servira à étudier les processus cognitifs qui sous-tendent la production et la réception artistiques, ainsi que comme outil de recherche et composition chorégraphique. D’une durée de trois ans, ce projet sera centré sur l’univers chorégraphique développé par Myriam Gourfink au cours de sa riche carrière (http://www.myriam-gourfink.com/). L’expertise d’un chorégraphe incarne l’excellence dans la perception, la prise de décision et la réflexion émotionnelle. Des chorégraphes individuels ont développé des systèmes uniques en affinant leur langage chorégraphique. C’est pourquoi les styles chorégraphiques d’artistes individuels représentent des opportunités fantastiques pour étudier les processus d’interaction sociale et de cognition. C’est une dimension reconnue par divers projets de recherche interdisciplinaires, passés et en cours, qui ont entrepris d’étudier les pratiques chorégraphiques d’artistes individuels (Forsythe – Allemagne, Shobian Davies – Royaume-Uni).

L’approche scientifique du Labodanse va encore plus loin, d’abord en incorporant l’étude et les mesures en ligne, rétroactives et prédictives, des processus neuronaux et physiologiques des danseurs et spectateurs, en complément des approches phénoménologiques. A titre d’exemple, les effets des entrainements somatiques seront mesurés au moyen des techniques actuelles de neuro-imagerie (IRM fonctionnelle, EEG), ainsi que par des techniques spécialement développées pour mesurer la respiration, la conductivité de la peau, et d’autres mesures physiologiques. Ces mesures seront utilisées pour étudier les modes d’interaction entre danseurs, chorégraphe et spectateurs. En outre, ce projet met l’accent sur l’interaction entre la recherche scientifique, technologique et artistique. La démarche de Gourfink n’est pas perçue comme un objet d’investigation « statique » mais comme un processus ouvert, en évolution, qui s’intègre et dialogue de façon optimale avec la recherche technologique et scientifique. Ce processus sera constitué d’une période initiale de 9 mois pour la mise en place de l’architecture pédagogique, technologique et de l’imagerie,  suivie de 3 segments d’un an, explorant chacun l’un des trois aspects fondamentaux de la pratique chorégraphique de Gourfink :

2013-2014 : Le geste dans l’espace subjectif et intersubjectif : Yoga de l’énergie et Contact Improvisation

2014-2015 : Le geste dans l’espace physique : la cinétographie Laban

2015-2016 : Le geste dans l’espace musical : le danseur comme musicien, le musicien comme « paysagiste ».

Chaque segment inclura des sessions d’entrainement physique/somatique, des ateliers de performance et une présentation publique en fin de période, couplés à une étude longitudinale de neuro-imagerie.

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